| Novembre 2009 | ||||||||||
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-...Un rond?...
- ...c'est une larme!
-Oui...Poète on se prend à son jeu, c'est le charme!
Tu comprends...ce billet...c'était très émouvant :
Je me suis fait pleurer moi même en l'écrivant"
Poète seulement? Un jeu? Tout ça? Hélas non, je ne crois pas. Autant que Cyrano fait semblant que ce n'est que le jeu, l'émouvant de la beauté, le romantisme de la situation qui le fait pleurer,
on pourrait imaginer que tout n'est qu'un jeu, un drame en divers actes.
On ouvre sur de déchirants aurevoirs. Element perturbateur d'une situation initiale parfaite.
Puis vient le noeud tragique, asymétrie de sentiments, les larmes amères puisque solitaires.
La mise en scène veut qu'on feigne un sourire. Dans le théatre de la vie ça s'appelle oublier, ou effacer. Si l'acteur dupe, l'individu un peu moins. Et l'on passe de la tragédie au drame, des
moments plus heureux brillent sous un ciel plus clément. Les noeuds tragiques s'éloignent, et la trame est une nouvelle scène, dans un nouveau décor. L'acteur s'y installe, le personnage
réapprend à y sourire. On y croirait...Au théâtre et dans la vie.
Sauf que le décor change à nouveau. La tragédie tire à sa fin, les noeuds se referment et se serrent. Plus nombreux, il sont indémmêlables, il faut partir, déconstruire à nouveau, quitter l'acte
IV, laissant Christian mort est Cyrano condamné au secret. Et on ne sait pas quels autres tragédies se filent en arrière plan. Cyrano mourra d'une planche lachée par un laquais par exemple;
On revient au décor de l'acte I, le Paris qu'on avait laissé pour un siège aux frontières d'un territoire inconnu. Mais du carosse qui s'achemine lentement vers le ventre de la vieille
ville, il répugne de quitter le soleil qui brillait sur ces autres cieux. Parce que "my mind is far from easy. For in the once familiar streets I feel a chill of ghostly shadows everywhere." Les
fantômes sont toujours là...Loin du siège et des combats intérieurs, les rivages sont joyeux, mais hantés. Ces fantômes peuvent ils encore blesser? Et les attelles qu'on aura trouver ici,
faudra-t-il aussi feindre de les oublier? Les quitter en tout cas, et les pleurer aussi.
Hors des contes et récit didactiques, l'élément perturbateur n'est jamais corrigé, on ne revient pas vers le connu mais vers le familier. Et l'on sème sur la route des dizaines de perturbations,
qui font que lorsqu'on approche au plus près de la résolution, on ne fait que s'enfoncer un peu plus dans le drame. N'est ce pas le jour où l'on ne noue plus de noeud que l'on arrive
enfin chez soi, à bon port? En attendant, certains demeurent dans un éternel flottement, mais avec le courage du refus du statu quo...L'aurais je? Comme au début, c'est un choix que l'on semble
faire pour moi. Alors je ne me demande pas ce que je ferais si je devais vraiment choisir hors de tout.
Et ce n'est pas un décor carton pâte, ni un drame écrit d'alpha à omega, ni un sacrifice de prétendre être juste poète pour le bonheur de celle qu'on aime. C'est des lieux qu'on a appris à aimer,
des choix aux conséquences imprévisibles, et de vrais sentiments qu'une autre belle lettre pour une parfaite inconnue n'inspirera jamais.
22h30, en révisions supposées, effrayée, pensant à tout sauf aux épreuves qui arrivent si vite